Carne

Auteur / Scénariste: 

« OK Google, ça correspond à combien de calories un corps humain ? »Simon ne va pas bien. D’ailleurs, depuis qu’il s’est mis à vouloir manger de l’humain, les choses ne tournent pas bien rond dans sa tête.Face à une société qui les traite, lui et ses congénères, comme des zombies, il fait de son mieux pour garder sa dignité, s’occuper de sa famille et être professionnel au bureau. Mais comment rester soi-même quand la faim frappe à la porte avec autant de délicatesse qu’un tank sur un champ de mines ?Contraint à gérer son état parasite en maintenant l’illusion de la routine, il décide d’en faire une histoire de famille. Et vous savez ce qu’on dit sur les histoires de famille ? C’est toujours un sacré bordel.Et si on avait une bonne excuse pour croire à une apocalypse zombie ? Comment réagiraient les populations ? Les gouvernements ? Quel impact auraient nos médias ? Comment pourrions-nous être sûrs d’être dans le camp des héros ? Et que feraient ceux à qui on donne le mauvais rôle ?La culture de masse nous fait fantasmer les zombies, mais s’ils devenaient notre quotidien, qu’en ferions-nous ? 

Déjà, la couverture nous met dans le bain. Elle est osée, crue et captivante. On peut difficilement en détourner le regard avant d’avoir réalisé ce qu’elle représente. Elle est percutante et efficace. Elle donne clairement envie de lire le résumé ! Ce dernier, je l’ai trouvé génial. Il fait écho à notre société de consommation, instaure un climat particulier, fait de macabre et d’humour tout en attisant la curiosité du lecteur. Il est unique en son genre ! J’ai aimé tous ces détails et cette finesse d’esprit associé au côté sanglant du contexte.

Oubliez tout ce que vous avez pu lire ou voir sur les zombies. Ce récit, c’est de l’inédit, de l’originalité, de l’étonnement et une bonne dose de rigolade. Ce roman n’est que surprises. Je n’avais jamais rien lu de similaire et si au départ, j’étais complètement chamboulée et déroutée, j’ai rapidement été conquise par cette histoire. L’on va donc côtoyer des zombies et comme tous les morts-vivants, ils ont besoin de chair humaine pour survivre mais ceux-ci sont différents de ce qu’on lit habituellement. Ils se souviennent de leur vie et sont capables de beaucoup de choses. Ils sont intelligents, vifs et veulent plus que tout survivre et mener une vie « normale ».

Ce roman aborde des thématiques difficiles. Il est bien évidemment question de cannibalisme mais aussi de tortures, de meurtres, de viols et il y a aussi une relation assez malsaine entre un père et sa fille. Alors oui, il faut avoir le cœur bien accroché pour lire cette histoire mais ça en vaut tellement le coup ! La plume est parfaite, fluide et très dynamique. Le style de l’autrice est bourré d’humour et ça fait du bien. Il est aussi déstructuré et brouillon mais c’est clairement ce qui fait le charme de récit. J’ai adoré le fait d’être aussi déboussolé que les personnages, de ne pas comprendre ce qui arrivait et d’être incapable de faire des liens. Si c’est perturbant au départ, cela crée une véritable proximité et l’immersion est incroyable ! Ce roman m’a prise aux tripes (il fallait bien une petite allusion) et j’ai adoré ça !

 

Carne par Julia Richard, Editions HSN

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